Cette semaine, on a eu le même jour,  la sainte Catherine, Thanksgiving et la journée de la jupe, cette dernière sous l’impulsion du mouvement Ni putes, ni soumises.

Quelle conjonction à me donner des haut-le-coeur …

Sous les jupes des filles

Je passe sur la sainte Catherine et ses Catherinettes de 25 ans, qui est un vieux folklore, qui pourrait transposer sans mauvaise foi les arguments de l’allongement de la durée du travail vers l’allongement de la durée de la nuptialité. En y ajoutant les miracles de la science, cosmétologie ou chirurgie plastique. Je passe aussi mon point de vue personnel sur le mariage et le célibat, qui n’est pas le point du jour et m’incite de fait à une grande tolérance sur les choix de chacun. Ouf !

Thanksgiving, maintenant. Voilà une fête qui est encore très prisée aux Etats-Unis. Je ne suis pas l’ennemie jurée des traditions, mais là j’ai un peu de mal à avaler cette « commémoration du partage ».  Que l’accueil des natifs américains aux européens soit devenu une fête familiale sans arrière-pensée, considérant le sort qui fut réservé aux descendants de ces personnes de bonne volonté par ceux qui ont été engendrés par ces survivants.
Ce jour d’hiver de l’an de grâce 1620, le sauveur rebaptisé Squanto aurait-il dû oublier qu’il savait parler anglais et se consacrer à des activités familiales pour lui-même au lieu de sauver de la famine les premiers colons côlons anglais ? Certes, d’autres seraient venus, et auraient fini par cultiver et engranger ce qu’il fallait pour survivre à l’hostilité de l’hiver sur la côte Est du Nouveau Continent.
Je ne sais pas si la dinde du 3ème jeudi de novembre est une dinde au sang, mais je cristallise sur elle une espèce de génocide qui m’empêcherait de savourer dignement cet animal mort pour la patrie qui en dieu a confiance.

La journée de la jupe par Ni putes ni soumises. Rien que l’intitulé me fait froid dans le dos, aux cuisses aussi, je passe le reste en enfilant dare-dare mon vieux jean.
Beaucoup de réactions plus ou moins virulentes ou moqueuses ont émaillé cette journée, décrédibilisant le mouvement et sa campagne de sensibilisation ratée, et à la capacité à communiquer et à sensibiliser sur la place de la femme au sein de l’humanité. La journée de la dinde, la journée de la jupe, ahahaha, trop lol.

Ce qui me met en rogne, c’est la maladresse du propos. Mais cela va au-delà. L’action globale du mouvement Ni putes ni soumises demeure respectable, en s’affranchissant de ce couac.

Seulement le fond me gêne profondément et cela commence avec le choix d’un tel nom pour un mouvement qui prône le respect des femmes.

Ni putes ni soumises. Qu’est-ce que cela signifie ?
Premièrement, est-ce que « pute » et « soumise » sont des qualificatifs qui s’opposent ? Je ne le crois pas.
Deuxièmement, est-ce que la négation apportée par le « ni » positive le soupçon qui pèse sur une femme qui serait soit une pute, soit soumise ? Je ne le crois pas non plus.
Troisièmement, pourquoi utiliser un vocabulaire emprunté à un registre de pensée que l’on combat pour faire changer une opinion ?
Cette dernière question démontre que le combat se place dans le cercle de l’altérité, telle qu’elle est décrite par Beauvoir dans le Deuxième sexe.

C’est à dire en clair, le nom Ni pute ni soumise se définit à travers « l’autre », avec en prime, toute la charge négative qu’il porte sur des femmes qui seraient « différentes » de critères acceptables dans le schéma de pensée référent.

Et la dernière question qui me taraude est pourquoi ne pas choisir son identité propre, affranchie de ce regard ?
Le premier degré se veut provocateur, mais les degrés suivants me semblent servir la cause qu’ils combattent.

Dommage, non ?
Dommageable en tout cas, certainement.

PS : pour clore sur une pensée positive, la seule chose intéressante de ce jour est vraiment l’anniversaire de ma petite cousine 🙂

crédits photo : j_e_r_o_m_e_b

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